Les femmes palestiniennes sont une source de force dans notre lutte pour la liberté

17/10/2026 |

MMF Palestine

Camarades de la Marche Mondiale des Femmes en Palestine décrivent la situation actuelle dans le territoire

Nous vous saluons avec la salutation de la terre, de la patrie et de l’humanité. Le salut des femmes palestiniennes qui affrontent de leurs corps la machine de guerre israélienne. Salutations révolutionnaires à notre peuple dans toute la Palestine historique.

Quand nous parlons de résilience, nous parlons de la Palestine. Nous parlons d’une terre que nous n’habitons pas seulement, mais qui est porteuse d’une mémoire et d’une histoire. Une terre à laquelle notre peuple reste profondément attaché et pour laquelle il se bat, génération après génération. Il faut parler des femmes et de leur relation avec la terre. Ce sont elles qui ont semé et récolté, qui ont gardé les semences et préservé les récoltes, et qui ont élevé leurs fils et filles pour qu’ils connaissent la terre, ses saisons et son abondance.

C’est pourquoi, quand nous parlons de souveraineté alimentaire, nous ne parlons pas seulement de nourriture. Nous parlons de notre droit de protéger notre terre, de produire notre propre nourriture, de préserver nos semences, de protéger nos ressources, de décider nous-mêmes de ce que nous plantons et de ce que nous mangeons, et de garantir les droits des générations futures.

En ce qui concerne la situation en Palestine, notamment à Gaza, trois ans après le début du génocide, la population continue d’être confrontée à des assassinats, à la famine, aux déplacements forcés et à des conditions de vie extrêmement difficiles. Les attaques israéliennes continuent de tuer et de blesser le peuple palestinien. Même après le cessez-le-feu annoncé en octobre 2025, plus de 1 402 Palestiniens ont été assassinés. En une seule semaine de septembre 2026, 35 Palestiniens ont été tués, soit environ cinq personnes par jour.

L’entrée de nourriture à Gaza reste restreinte et insuffisante. De nombreuses familles dépendent encore de l’aide humanitaire, des cantines collectives et du pain subventionné pour se nourrir au quotidien. Un grand nombre de Palestiniens n’ont pas de domicile où retourner et continuent de vivre dans des tentes, des abris provisoires et des bâtiments endommagés. Les hôpitaux continuent de fonctionner malgré la pénurie de médicaments, de matériel médical et de fournitures essentielles, tout en prenant en charge les personnes blessées lors des attaques ainsi que celles souffrant de malnutrition, de maladies chroniques et d’autres pathologies.

Près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement de Gaza ont été endommagées ou détruites, laissant de nombreux Palestiniens sans accès régulier à une eau potable et salubre. Seulement environ 3 % des terres agricoles de Gaza restent intactes et accessibles. Environ 97 % des cultures d’arbres ont été perdues, ainsi que 95 % des cultures d’arbustes et 82 % des cultures annuelles.

Les enfants ont perdu près de trois ans d’éducation régulière. De nombreuses écoles ont été détruites ou endommagées, tandis que d’autres sont utilisées comme refuges. Aujourd’hui, l’éducation se déroule dans des lieux d’apprentissage provisoires et par le biais d’autres solutions alternatives dans toute la bande de Gaza. En Cisjordanie, l’expansion des colonies, la violence des colons, les confiscations de terres, les démolitions et les restrictions militaires se sont considérablement intensifiées. Actuellement, environ 750 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Les colons s’approprient des terres et des sources d’eau palestiniennes. Ils attaquent les communautés, détruisent et volent les récoltes, volent le bétail et restreignent l’accès aux terres agricoles et aux pâturages.

Les routes sont fermées, des portails sont installés et les déplacements entre les communautés palestiniennes deviennent de plus en plus difficiles. À travers tout cela, l’occupation israélienne s’empare de nouvelles terres palestiniennes, expulse des communautés de leurs terres et ouvre la voie à de nouvelles annexions en Cisjordanie. Dans le nord de la Cisjordanie, plus de 33 000 Palestiniens sont toujours déplacés depuis les camps de réfugiés de Jénine, Tulkarm et Nur Shams, ainsi que des zones environnantes.

Nous ne pouvons pas parler de la Palestine sans parler de nos prisonniers et prisonnières. Actuellement, environ 9 350 Palestiniens sont détenus dans des prisons israéliennes. Parmi eux se trouvent 90 femmes et plus de 350 enfants. Plus de 3 000 personnes sont en détention administrative, sans accusation formelle ni jugement. Les conditions dans les prisons se sont considérablement détériorées. Des prisonniers palestiniens rapportent des cas de torture, de violence physique, de famine et de privation de soins médicaux. Au moins 92 Palestiniens sont morts en détention israélienne depuis octobre 2023.

Il y a quelques jours, la prisonnière palestinienne Dana Joudeh a donné naissance à sa fille, Lia, alors qu’elle était encore en détention. Elle a passé des mois de sa grossesse en prison et est restée enchaînée, même pendant l’accouchement. Dana et son bébé ont été libérées plus tard. Dana et toutes les femmes palestiniennes ont toujours été en première ligne de notre lutte. Elles défendent leur terre, leurs familles et leurs communautés. Elles s’organisent, résistent et font face aux déplacements et aux tentatives d’expulsion de notre peuple de sa terre.

Elles ont toujours été, et continueront d’être, une source d’inspiration de force pour la société palestinienne et pour notre lutte pour la liberté.

Ce sont là quelques-unes des réalités que notre peuple vit aujourd’hui. Mais nous sommes un peuple qui aime la vie. Nous aimons la vie chaque fois que nous trouvons un chemin vers elle. Et cela fait aussi partie de notre lutte. Après tout, nous choisissons encore la vie. Nous avons choisi de rester. Nous avons choisi de retourner. Nous avons choisi de planter. Nous avons choisi de reconstruire. Et nous continuons à nous battre pour notre liberté. Nous voulons un avenir où Gaza vit. Que nos prisonniers et nos prisonnières soient libres. Pour que notre peuple puisse retourner sur sa terre. Pour que nos agriculteurs et agricultrices puissent cultiver leurs terres et avoir le contrôle de leur eau, de leurs semences et de leur nourriture. Et dans lequel nos enfants pourront grandir libres de l’occupation, du siège et de la peur.

Ces années nous ont aussi montré quelque chose de très important : la Palestine n’est pas seule. Dans le monde entier, des millions de personnes libres ont refusé de rester silencieuses. Nous avons vu des gens dans les rues, dans les universités, dans les syndicats, dans les mouvements paysans et dans les mouvements sociaux se positionner aux côtés de la Palestine. Cette énorme solidarité nous rappelle que nos luttes sont connectées. La lutte du peuple palestinien pour la terre et la liberté est liée aux luttes des peuples du monde entier pour la terre, la justice, la dignité et la libération.

Nous croyons au pouvoir des peuples. Gloire à nos martyrs. Liberté pour nos prisonniers et nos prisonnières.

Vive la lutte du peuple palestinien. Vive les peuples libres du monde qui refusent de rester silencieux. Vive l’unité des peuples. Vive la lutte internationale. Et vive la Palestine libre.

Traduit du portugais par Andréia Manfrin Alves
Langue originale : anglais 

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